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Logistique

Le rail, un outil de reconversion industrielle

Infrabel et Somei, une Pme spécialisée dans la maintenance de matériel ferroviaire, ont mis officiellement en service un raccordement entre la dorsale wallonne (ligne 130 «Charleroi-Namur») et les anciennes Glaceries Saint-Gobain. Cette infrastructure va permettre à l’entreprise de se développer et devrait, plus globalement, rendre de l’attractivité au site. Ce projet entend illustrer l’importance, tant économique qu’écologique, des raccordements ferroviaires industriels et du report vers le rail d’un maximum de fret.

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Quelques semaines de travaux ont suffi pour finaliser ce chantier attendu depuis des années par la direction de Somei. Une seule voie, longue de 470 m et raccordée à un aiguillage, lui donne ainsi accès à la dorsale wallonne. Implantée depuis 4 ans sur le site des anciennes Glaceries Saint-Gobain, cette Pme a enfin pu réceptionner un premier convoi ferroviaire composé de 2 locomotives. Sans cet accès au rail, Somei aurait dû faire appel à un convoi routier exceptionnel pour assurer son acheminement.

C’est en 2015 que Somei fait l’acquisition d’un atelier de 2.600 m² sur le site des anciennes glaceries à Auvelais. L’entreprise compte sur le raccordement ferroviaire alors existant pour faciliter l’acheminement de sa matière première. Mais, conformément à un accord conclu avec l’ancien propriétaire des lieux (accord dont Somei n’avait pas connaissance), la voie connectant le site à la dorsale wallonne sera démontée dans les semaines qui suivent cette acquisition. C’est donc ce raccordement qui vient d’être rétabli.

Essor d’un site

De son côté, Saint-Gobain a lancé, en 2015 et en collaboration avec les autorités locales et provinciales, un vaste projet de reconversion industrielle sur son site industriel d’Auvelais. Ce projet vise à promouvoir le développement d’une quarantaine d’entreprises.
Plus de 15 hectares de terrains ont été cédés, en début d’année, à la société Bruco, active dans le recyclage des déchets. Le choix de Bruco s’est porté sur ce site en raison notamment des possibilités de transport ferroviaire et fluvial en complément à la route. Bruco planche d’ailleurs sur la réalisation éventuelle d’une plateforme logistique trimodale pour ses propres besoins et au service des autres entreprises présentes sur le site.

Quant à la surface résiduelle du site, elle comprend principalement des halls industriels, dont 40% environ sont déjà occupés par des entreprises. Les premières entreprises sont devenues propriétaires au début du mois de juin dernier et le processus de vente doit se poursuivre «bon train» dans les semaines et mois à venir.  Les halls encore disponibles, d’une surface comprise entre 700 et 10.000 m², sont proposés à la vente par Saint-Gobain, des visites sont organisées pour les candidats.

Une consommation énergétique divisée par 6  

On considère que le transport par rail consomme 6 fois moins d’énergie que le transport routier tout en émettant 9 fois moins de CO2. En tant que gestionnaire du réseau ferroviaire belge, Infrabel contribue à la promotion du transport ferroviaire, tant de voyageurs que de marchandises. Néanmoins, la mission de service public confiée à Infrabel pour le transport de voyageurs ne s’applique pas au fret ferroviaire. En conséquence, lors de la création d’un raccordement industriel sur le réseau, seul le coût matériel d’un éventuel aiguillage (et de maximum 18 mètres de voie) est financé par le secteur public. Dès lors, dans le cas de Somei, qui a investi 125.000 euros dans ce projet, les frais liés à la pose des infrastructures nécessaires à l’embranchement sont à la charge de l’industriel raccordé.

Un raccordement précieux

Fondée en 1963, Somei est à l’origine un bureau d’études. Il va progressivement s’orienter vers une activité d’importation et de commercialisation de pièces industrielles. En 2011, l’entreprise familiale crée une division ferroviaire et se spécialise dans l’entretien et la vente de matériel roulant. Elle assure ainsi la maintenance de trains appartenant à divers opérateurs belges et européens. Parallèlement, elle rachète des locomotives ou des trains de travaux déclassés afin de les remettre en état et de leur donner une seconde vie sur des réseaux étrangers.

Somei emploie une dizaine de personnes et ambitionne de développer ses activités dans les prochaines années grâce à ce précieux raccordement au rail.
 

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