Batibouw, thermomètre d'un secteur qui a pris froid
Pour la première fois depuis dix ans, le nombre d'entreprises présentes à Batibouw a diminué. Pour Embuild, c'est le reflet d'une situation tendue qui prévaut encore sur le marché.
Installé depuis des décennies dans le paysage belge, le salon Batibouw peut être considéré comme un baromètre de la santé du secteur de la construction, tout au moins pour la partie résidentielle.
Encore deux petites semaines à patienter et les professionnels du secteur de la construction verront s'ouvrir les portes du salon Batibouw à Bruxelles. Une ouverture très attendue cette année compte tenu des variations importantes des paramètres qui conditionnent l'acte d'achat ou de rénovation. Les éléments qui conditionnent ces variations ont été fort nombreuses ces derniers temps. Retour de la hausse des taux hypothécaires, incertitudes en région de Bruxelles-Capitale autour d'un gouvernement toujours en affaires courantes et d'un régime de primes toujours en stand-by, primes réduites à la baisse de manière très significative en Région wallonne...
On a beaucoup évoqué ces derniers temps l'évolution à la hausse des faillites relevées dans le secteur. Avec le salon Batibouw, un autre indice nous est donné de la fragilité et de l'attentisme du secteur à travers le nombre d'exposants. Pour la première fois de son histoire, le nombre d'entreprises de construction présentes a en effet diminué. Cette évolution n'étonne nullement Embuild dans la mesure où l’installation a enregistré une baisse nette du nombre d’entreprises pour la première fois depuis 10 ans.
En outre, selon les nouveaux chiffres du bureau d'information commerciale Trends Business Information, 2025 a vu quelque 1.402 entreprises de construction disparaitre du paysage. Ce n'est pas tout : le nombre de starters a baissé de près de 7%, tandis que le nombre de cessations a augmenté de 4%. Parmi ces cessations, le nombre de faillites a même globalement augmenté de 10%, ce qui constitue aux yeux du CEO d'Embuild Niko Demeester "un signal d’alarme clair". Les chiffres consultés pour le secteur de la construction et de la rénovation résidentielles ne sont pas moins inquiétants puisque le nombre de créations d'entreprises a diminué de 29% par rapport à l'année précédente alors même que le besoin de logements et de rénovation résidentielle n'a jamais été aussi crucial.
Un élément est toutefois de nature à limiter l'incertitude : les perspectives d'Embuild montrent que la baisse de la construction de nouveaux logements cette année (moins 3,1%) sera moins prononcée qu'en 2025 (moins 5,5%), tandis que l'activité de rénovation des logements en 2026 (+1%) sera légèrement supérieure à celle de l'année dernière (+0,8 %).