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Ressources humaines

Les freelances dans la construction?

On le sait, le secteur du bâtiment souffre de la concurrence des travailleurs détachés, des indépendants complémentaires, mais aussi des travailleurs au noir et de l’économie de partage. Parallèlement, le personnel qualifié reste une denrée rare. Selon l’union professionnelle flamande Bouwunie, le freelance apporte une réponse à cette situation, et offre même plusieurs atouts. Elle estime ainsi que le travail freelance devrait être également possible dans la construction, sans que l’indépendant ou l’entreprise de construction qui le sollicite ne soient accusés de travailler sous statut de faux indépendant. Pour la Bouwunie, on parle en effet de faux indépendants lorsqu’il y a fraude volontaire et dumping social.

freelance
©Andrey Popov - stock.adobe.com

Selon la définition courante, le freelance est un «entrepreneur sans personnel qui fournit des services commerciaux, essentiellement – mais pas exclusivement – dans un contexte B2B sur la base de contrats temporaires, de missions ou de projets». Il existe depuis un certain temps déjà dans d’autres secteurs (journalistes, informaticiens, traducteurs, coaches,…. ). Seulement voilà, dans la construction, le sujet crispe, toute collaboration structurelle entre une entreprise de construction et un indépendant étant considérée d’un œil suspicieux. Or, dans bon nombre de cas, le but n’est pas de contourner les lois sociales ni de frauder pour aucune des deux parties.

La Bouwunie souhaite donc clarifier les choses et «décriminaliser» la relation entre l’entreprise de construction et le freelance. Selon elle, le freelance actif dans le bâtiment apporte en effet une réponse à l’actuelle demande de qualité et de flexibilité des deux côtés. Le secteur compte de plus en plus d’indépendants actifs, en demande de travail flexible et désireux d’être leur propre patron, sans pour autant vouloir monter une entreprise et engager des travailleurs. D’autre part, les entreprises de construction recherchent du personnel facile à recruter et disposant de connaissances et d’une expérience spécifiques.

Ajoutons que les entreprises souffrent d’une lourde concurrence, et que celle-ci n’est pas toujours loyale. Les travailleurs détachés étrangers coûtent sensiblement moins cher et s’appuient sur l’application des règles de l’UE pour contourner les lois belges. Le volet socio-juridique de la loi sur la relation de travail (faux indépendants), par exemple, ne s’applique pas aux étrangers. De plus, le travail freelance a aussi l’avantage d’être moins cher que d’autres formes de collaboration flexible, comme l’intérim, et il entraîne moins de lourdeurs et de restrictions difficiles à mettre en œuvre.

Dès lors, la Bouwunie réclame une adaptation de la loi sur la relation de travail car une sécurité juridique s’impose pour les freelances et entreprises de construction indépendantes. Pour étayer ses dires, l’union s’appuie sur une récente enquête auprès de ses membres selon laquelle 65 à 70% des entreprises de construction souhaitent travailler avec des indépendants. La formule est principalement appréciée pour sa flexibilité et pour la qualité des indépendants et freelances. La flexibilité permet de mieux absorber les pics ou d’exécuter des travaux spécifiques, par exemple, et entraîne moins de règles contraignantes. Quant à la qualité, elle repose sur des freelances qui connaissent leur métier, sont spécialisés, adoptent la bonne attitude et ont le sens des responsabilités, estiment les répondants. L’enquête montre aussi qu’une entreprise sur quatre n’a toujours pas franchi le pas de peur d’être accusée d’engager de faux indépendants.
 

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