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Projets de construction

Montgomery Parc transforme une icone des années 60 en campus de bureaux durable

À Woluwe-Saint-Pierre, l’ancien complexe de bureaux de l’INAMI a achevé sa métamorphose. Rebaptisé Montgomery Parc, le site de 24.000 m² a été profondément rénové par B2Ai architects pour devenir un campus de bureaux contemporain articulé autour d’un jardin de 5.000 m². Le projet mise sur la conservation du bâti existant, le réemploi des matériaux, la biodiversité et la performance énergétique. Le complexe doit accueillir à terme le futur siège de la Commission européenne.

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Situé entre le square Montgomery, l’avenue de Tervueren et le quartier européen, le complexe constitue depuis les années 1960 un élément reconnaissable du paysage bruxellois. Plutôt que de démolir les immeubles existants pour repartir d’une page blanche, le maître d’ouvrage Kolmont et B2Ai ont opté pour une rénovation approfondie.

La structure portante, le rythme caractéristique des façades et une partie importante de la matérialité d’origine ont ainsi été conservés. Les deux bâtiments de bureaux, reliés par un sous-sol commun et un espace paysager central, ont ensuite été adaptés aux exigences actuelles en matière de confort, de flexibilité et de performances environnementales.

Pour B2Ai, cette approche illustre le potentiel de transformation du parc immobilier existant. « Montgomery Parc démontre que l’avenir de l’architecture ne passe pas nécessairement par la construction neuve. Les bâtiments existants constituaient une base solide pour renouveler le complexe et le préparer à un nouveau chapitre », souligne Simon Claeys, CCO et Partner chez B2Ai.

Le jardin devient le centre du projet

L’une des transformations les plus visibles concerne l’espace situé entre les deux volumes de bureaux. L’ancienne zone extérieure sous-exploitée a été réaménagée en un parc de près de 5.000 m², conçu par l’architecte paysagiste Michel Desvigne.

Ce jardin constitue désormais le cœur du campus et assure la liaison entre les différents bâtiments. Des chemins de promenade, des terrasses et plusieurs zones de repos ont été aménagés dans un environnement où la végétation doit à la fois favoriser la biodiversité et améliorer le cadre de travail.

Au centre du jardin se trouve un pavillon transparent destiné aux rencontres. Sa position et son ouverture visuelle doivent favoriser les échanges informels entre les différents utilisateurs du site, tout en renforçant la relation entre les espaces intérieurs et extérieurs.

L’objectif ne se limite donc pas à verdir un ancien complexe administratif. Le paysage fait partie intégrante de l’organisation fonctionnelle du site, au même titre que les circulations, les zones de travail et les espaces communs.

Une intervention ciblée sur l’existant

La transformation architecturale repose principalement sur des interventions destinées à améliorer la lumière naturelle, la lisibilité des accès et la flexibilité des espaces. De nouvelles entrées en double hauteur ont été créées, tandis que les socles des bâtiments ont été rendus plus transparents. Des loggias renforcent également le lien avec l’extérieur.

Les surfaces autrefois affectées à des fonctions techniques ou au stationnement ont été réorganisées. Elles accueillent désormais notamment des espaces de rencontre, du coworking, des installations sportives et des fonctions commerciales.

Le programme comprend également une crèche ainsi qu’un parking souterrain. Cette diversification des fonctions doit donner au complexe un caractère plus proche d’un campus que d’un immeuble de bureaux classique.

La rénovation vise parallèlement à répondre aux nouvelles attentes des occupants en matière de confort et de qualité des espaces de travail. Terrasses, locaux à vélos, équipements sportifs et zones de détente complètent ainsi les surfaces de bureaux.

Réemploi des matériaux

La conservation de la structure existante constitue l’un des principaux choix environnementaux du projet. Elle permet notamment d’éviter une partie de l’impact carbone associé à la démolition et à la reconstruction d’un ensemble d’une telle ampleur.

La circularité intervient également à l’échelle des matériaux. Plusieurs éléments issus de l’ancien complexe ont été récupérés et réutilisés. C’est notamment le cas de la pierre bleue, des briques de parement et de certaines lamelles de façade.

Les adaptations structurelles ont par ailleurs été étudiées afin de limiter les quantités de nouveaux matériaux nécessaires. Cette logique de conservation et de réemploi s’inscrit dans une approche plus large qui associe performances du bâti, réduction des consommations et gestion des ressources.

Les bâtiments sont désormais équipés de techniques ne recourant pas aux énergies fossiles et d’enveloppes à hautes performances. Le projet affiche un niveau PEB A et est présenté comme neutre en CO2.

Gestion de l’eau et végétalisation

La gestion de l’eau constitue un autre volet de la rénovation. Des toitures vertes et des toitures de rétention ont été intégrées au projet, tandis que les eaux de pluie sont récupérées.

Ces dispositifs doivent contribuer à ralentir le rejet des eaux lors de fortes précipitations et à renforcer la résilience du site face à des épisodes météorologiques plus extrêmes. Associés au jardin central, ils permettent également d’augmenter la part de végétation dans un environnement urbain particulièrement dense.

La conception des espaces extérieurs et des bâtiments vise ainsi à combiner performance environnementale et qualité d’usage. Les technologies de bâtiment intelligent doivent, de leur côté, optimiser le confort intérieur, la sécurité et les consommations énergétiques.

Trois certifications au niveau maximal

Montgomery Parc affiche des ambitions élevées en matière de certifications environnementales et de bien-être. Le projet a obtenu BREEAM Outstanding, DGNB Platinum et WELL Platinum.

Ces référentiels évaluent différents aspects d’un bâtiment, depuis son impact environnemental et ses consommations jusqu’à la santé, au confort et au bien-être de ses occupants. Selon l’équipe de projet, Montgomery Parc figure parmi les premiers ensembles de bureaux belges à atteindre simultanément les niveaux les plus élevés de ces trois certifications.

Au-delà des labels, cette combinaison traduit aussi l’évolution des critères pris en compte dans les grands projets tertiaires. La performance énergétique ne constitue plus le seul indicateur. La qualité des espaces, les mobilités douces, la biodiversité, les matériaux et la santé des utilisateurs prennent désormais une place croissante dans la conception et la rénovation des bureaux.

24.000 m² transformés

Le projet porte au total sur environ 24.000 m² de surfaces bâties, auxquels s’ajoutent les 5.000 m² du parc central. Kolmont en est le maître d’ouvrage, tandis que B2Ai a assuré l’architecture ainsi que les études de stabilité et de techniques. SuReal est intervenu comme expert en durabilité et Cordeel comme entrepreneur.

Avec l’achèvement de Montgomery Parc, l’ancien complexe de l’INAMI entame ainsi une nouvelle phase de son histoire. Sa transformation montre comment un bâtiment tertiaire des années 1960 peut être adapté aux normes actuelles sans effacer complètement son identité architecturale.

À l’heure où le secteur de la construction cherche à réduire son empreinte carbone, la rénovation lourde et le réemploi des structures existantes occupent une place de plus en plus importante. Montgomery Parc en constitue une illustration à grande échelle : plutôt que remplacer l’ancien par du neuf, le projet s’appuie sur ce qui était déjà présent pour créer un ensemble de bureaux adapté aux usages et aux performances attendus aujourd’hui.



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