Saint-Gobain industrialise sa solution à base de terres excavées
Face à la nécessité de réduire l'empreinte carbone du bâtiment, Saint-Gobain accélère le développement de solutions constructives à base de terre excavée. Avec sa gamme Terlian pour l'instant élaborée et développée à partir de son unité de production d'Ancenis en Loire-Atlantique, le groupe entend transformer un déchet de chantier en ressource et favoriser l'émergence de nouvelles filières bas carbone.
Le Terlian s'inscrit dans une approche résolument circulaire en permettant la réutilisation des terres excavées pour la production d'éléments constructifs à base de terre crue.
La valorisation des terres excavées constitue l'un des enjeux majeurs de l'économie circulaire dans le secteur de la construction. Chaque année, des millions de tonnes de terres sont extraites lors de travaux de terrassement avant d'être évacuées vers des centres de traitement ou de stockage. À travers sa filiale Point.P, Saint-Gobain entend désormais donner une seconde vie à une partie de ces matériaux grâce à sa gamme Terlian. Développée en France, cette solution repose sur l'utilisation de terres excavées transformées en éléments de construction destinés à l'aménagement intérieur. Le produit phare de la gamme, le carreau Terlian, est fabriqué à partir de terres locales sélectionnées puis stabilisées afin de garantir des performances compatibles avec les exigences du secteur du bâtiment. Dans sa démarche, aussi bien d'un point de vue technique que commercial, Terlian se rapproche dans l’esprit de la démarche initiée par le belge IsoHemp, à cette différence que l'acteur de Fernelmont est issu du secteur de l'écoconstruction et qu’ISoHemp met en oeuvre une solution reposant sur un mélange chanvre-chaux.
Au-delà de la valorisation d'un gisement jusqu'ici peu exploité, l'approche présente plusieurs avantages environnementaux. Elle permet de limiter le recours à des matières premières vierges, de réduire les volumes de déchets générés par les chantiers et de diminuer les émissions associées au transport et à la fabrication des matériaux traditionnels. Tout comme IsoHemp le fait, Saint-Gobain souligne également les qualités intrinsèques de sa solution en matière de régulation hygrométrique, d'inertie thermique et de confort intérieur. Des caractéristiques qui suscitent un intérêt croissant dans un contexte marqué par le renforcement des exigences environnementales et la recherche de solutions favorisant le confort d'été.
Le groupe a récemment franchi une nouvelle étape avec l'industrialisation de la production de ces éléments constructifs. Cette montée en puissance vise à rendre les solutions à base de terre excavée plus accessibles aux professionnels et à accompagner l'évolution des pratiques vers des matériaux davantage géosourcés et circulaires. Si la commercialisation est aujourd'hui concentrée sur le marché français, cette technologie pourrait également attirer l'attention d'autres pays européens confrontés aux mêmes enjeux de décarbonation et de gestion des ressources. Et si l'idée d'élaborer des éléments constructifs en utilisant la terre crue n'est pas nouveau en soi et remonte à une époque encore plus éloignée de celle qui correspond à la naissance d'IsoHemp, la grande nouveauté ici c'est que l'initiative vient cette fois d'un géant du monde de la construction. Et que l'on risque de changer radicalement d'échelle. Avec sa taille et sa force de frappe, avec aussi son réseau Point P bien implanté partout dans l'Hexagone et en Belgique, Saint-Gobain pourrait bénéficier d'un levier bien utile si le groupe décidait un jour de passer à la vitesse supérieure.