La flambée du tungstène inquiète les travaux routiers
On s'était inquiété de la hausse spectaculaire du prix du bitume qui impacte les travaux routiers, mais une autre ressource fait aujourd'hui parler d'elle : le tungstène.
Pour les opérations de raclage d'une autoroute, il n'est pas rare de voir les racleuses consommer plusieurs diaines de kilos de tungstène par kilomètre.
Incontournable dans les travaux routiers, ce tungstène est utilisé dans les opérations de raclage des routes lors des opérations de réfection de chaussée. Or, ces derniers mois, la Chine a fortement réduit ses exportations d'ammonium paratungtstate qui constitue le principal produit intermédiaire du tungstène. Le prix de référence de cet ammonium paratungstate est passé d'environ 45.000 dollars la tonne de WO₃ à plus de 150.000 dollars la tonne en quelques mois. Soit un coût qui a triplé en très peu de temps.
Pour les machines de raclage, l'impact est relativement significatif lorsqu'on est sur une voie secondaire. Sur une bande de 3,5 m de large, une voie fraisée sur quelques centimètres donne une consommation de l'ordre de 1 à 5 kilos de tungstène au kilomètre. Multiplié par deux pour tenir compte des deux voies de circulation, cela donne jusqu'à 10 kilos par kilomètre. Pour une chaussée autoroutière large, très abrasive, avec un fraisage profond, on est par contre dans des consommations bien plus élevées, de l'ordre de plusieurs dizaines de kilogrammes de tungstène par kilomètre… Et c'est là que ça peut chiffrer.
Début juin, cette préoccupation a donné lieu à une interpellation du Ministre du Territoire, des Infrastructures, de la Mobilité et des Pouvoirs locaux François Desquesnes par la députée MR Valérie Bluge. Cette évolution risque d'avoir un impact sur marchés publics et sur les travaux de voirie réalisés par les communes et les pouvoirs locaux.