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Infrastructure

A sec, la Région wallonne attend l'Europe

C'est peu de dire que l'infrastructure routière wallonne est en piteux état. Et les choses ne semblent pas près de s'améliorer pour cette législature.

BC_route_dégradée(RightEye creative commons)
Right Eye (creative commons)

L'état de décrépitude du réseau routier wallon s'invite souvent dans les débats parlementaires. Le ministre en charge du réseau routier François Desquesnes est tellement habitué à être interrogé sur le sujet qu'il semble de moins en moins s'émouvoir des interpellations les plus virulentes de l'opposition sur ce sujet.

Il y a quelques jours, c'est le député PS Bruno Lefèbvre, membre actif de la Commission de l’aménagement du territoire, de la mobilité et des pouvoirs locaux commission qui a interpellé le ministre sur les travaux d’actualisation du plan Infrastructures. Derrière cette question se cache une préoccupation centrale : la Wallonie semble peiner à définir une trajectoire claire et actualisée pour la rénovation et la modernisation de son réseau routier. De nombreux chantiers semblent par exemple sans cesse retardés, mal priorisés ou encore insuffisamment financés.

Tout cela alimente un sentiment de dégradation progressive du réseau. Souvent même, ce sentiment est une réalité bien concrète. Même s'il n'existe pas de statistique officiellement dédiée à l'identification des accidents causés par la vétusté du réseau routier, l'observation des différentes réalités européennes permet d'attribuer 3 à 10% des accidents à des facteurs liés directement ou indirectement à l'infrastructure routière. Ainsi, en Belgique, on peut estimer entre 300 et 1.000 le nombre d'accidents corporels causés par les problèmes infrastructurels. Les automobilistes sont les plus souvent touchés au niveau matériel. Les motocyclistes sont les plus exposés aux irrégularités de la chaussée. Tandis que les cyclistes sont réputés pour être très sensibles aux trous, rails, bordures et revêtements abimés.

Plus accommodant (il est issu de la même formation politique), le député des Engagés Jean-Paul Bastin a quant à lui évoqué plus spécifiquement les investissements dans les infrastructures routières dites stratégiques. Il s’agit d'axes majeurs qui structurent la mobilité régionale et l’économie, dont la qualité conditionne directement la fluidité du trafic, la sécurité et l’attractivité du territoire et qui sont par ailleurs à terme susceptibles de bénéficier de fonds européens. C'est d'ailleurs cette piste européenne, et notamment les instruments européens liés au RTET comme le Mécanisme pour l’interconnexion en Europe qui permet à François Desquesnes de sauver un peu la mise. Encore faudra-t-il se mettre en ordre de bataille d'ici là, en chiffrant et en hiérarchisant les différents chantiers afin de permettre à la Région de se positionner efficacement dans les appels à projets du cadre budgétaire européen post-2028.  

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