La pénurie de techniciens frigoristes menace les soins et l’industrie
La récente vague de chaleur a révélé une faiblesse majeure en Belgique : le pays manque de techniciens frigoristes. Alors que les hôpitaux, les maisons de repos, les centres de données et les sites de production font tourner leurs installations à plein régime, les équipes d’intervention atteignent leurs limites. Selon la fédération sectorielle Frixis, les délais s’allongent, les techniciens enchaînent les doubles shifts et les entreprises doivent choisir les interventions les plus urgentes.
Lors de fortes chaleurs, les installations frigorifiques subissent une pression extrême. Les condenseurs surchauffent, les compresseurs tombent en panne et la puissance de refroidissement diminue. Les techniciens interviennent alors sur des sites où chaque arrêt peut avoir de lourdes conséquences. Dans les hôpitaux, ils assurent la stabilité de la température dans les blocs opératoires, les laboratoires et les espaces de stockage des médicaments. Dans les maisons de repos, ils protègent les résidents les plus vulnérables. Les centres de données, les supermarchés, les entreprises pharmaceutiques et les usines dépendent eux aussi d’un refroidissement fiable.
« Quand il fait 35 degrés, personne ne voit les techniciens qui travaillent sur un toit pour remettre une installation en service », explique Herwig Coppens, président de Frixis. Selon lui, ces professionnels méritent la même reconnaissance que les autres métiers essentiels.
La vague de chaleur de fin juin montre l’ampleur de l’enjeu. Entre le 18 juin et le 1er juillet, Sciensano a enregistré 1 747 décès supplémentaires. Dans les maisons de repos, 498 décès de plus que la moyenne ont été recensés. Ces chiffres renforcent le débat sur les plans chaleur et la climatisation des établissements de soins. Chaque nouvelle installation exige toutefois des professionnels capables de la placer, de l’entretenir et de la réparer.
Le secteur fait face à un problème structurel. Une part importante des techniciens actuels approche de l’âge de la retraite, tandis que la demande en climatisation, pompes à chaleur et systèmes énergétiquement performants augmente. En parallèle, de moins en moins d’écoles proposent une formation spécialisée. Les ateliers pratiques, les installations techniques et le matériel représentent des investissements importants.
Le métier offre pourtant de solides perspectives aux jeunes. Il combine sécurité d’emploi, salaire attractif, diversité des missions et possibilités d’évolution. Vous travaillez aussi sur des installations essentielles pour la santé publique, la sécurité alimentaire, les infrastructures numériques et la production industrielle.
Frixis demande donc davantage d’investissements dans les formations techniques, la formation continue et l’attractivité du métier. La réglementation européenne, les normes énergétiques et les technologies évoluent rapidement. Des techniciens qualifiés garantissent des installations correctement dimensionnées, plus économes en énergie et plus fiables pendant les périodes de forte chaleur.
La question devient urgente : qui installera, entretiendra et réparera toutes ces installations ? La Belgique a besoin de davantage de techniciens frigoristes pour maintenir ses soins de santé, son industrie et ses infrastructures critiques en fonctionnement.