Taux versus pouvoir d’achat immobilier : le grand écart a commencé
Non content de faire flamber les coûts de l'énergie, les tensions géopolitiques portées à leur comble par l'attaque américaine sur l'Iran ont commencé à produire des effets délétères sur le marché immobilier belge. C'est ce que révèle une étude commune dont Immoweb et Belfius viennent de révéler les résultats.
Avec le contexte de tension extrême que l'on connait actuellement au Proche et au Moyen-Orient et avec le phénomène de remontée des taux que l'on avait déjà vu (soyons de bon compte) réapparaitre avant le début du conflit, le marché immobilier belge semble être rentré dans une phase charnière.
Dans l'analyse conjointe qu'ils viennent de produire, Immoweb et Belfius notent que les prix ont poursuivi leur progression (+0,7%) au premier trimestre 2026 pour atteindre un niveau moyen de 2.409 euros/m². Toutefois, derrière cette résistance apparente, plusieurs signaux indiquent un amorcement de changement de rythme : l’inflation immobilière sur douze mois tend désormais à plafonner, voire à légèrement reculer, après la reprise observée en 2025. Parallèlement, le nombre de crédits enregistrés recule de 22% sur les deux premiers mois de l’année 2026, par rapport à la même période en 2025. Dans le même temps, la remontée récente des taux obligataires belges à dix ans (en hausse d’environ +0,50 point de pourcentage en mars 2026) incite les banques à relever leurs taux hypothécaires.
Cette évolution se reflète déjà dans les nouvelles simulations de crédit proposées par Belfius Banque, qui montrent une hausse d’environ +0,30 point de pourcentage. Une telle évolution impliquerait une diminution du pouvoir d’achat immobilier des ménages d’environ 3 m². Dans ce contexte, les conditions de financement se durcissent progressivement, laissant entrevoir une dynamique de marché progressivement sous tension dans les mois à venir. Les prix restent orientés à la hausse, mais montrent désormais de premiers signes d’essoufflement.