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Finances et fiscalité

Logement compact ne rime pas toujours avec logement bon marché

Alors que les coûts de construction et de rénovation continuent de grimper en flèche en Belgique, les experts remettent en question l'idée largement répandue que plus les logements sont petits, plus ils permettent de réaliser des économies. Embuild s’est penché sur la question Et sa conclusion est nuancée, et révèle une réalité complexe.

Les maisons de maître se vendent désormais parfois à des tarifs moins élevés que les petites maisons compactes bien isolées, en particulier lorsqu'elles doivent être rénovées.

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Claude Villetaneuse (creative commons)

Plus que la taille du logement, il semble que c’est l'emplacement et la finition qui jouent un rôle essentiel dans le prix final. C'est la conclusion à laquelle ont pu aboutir les experts d’Embuild. Avec l'augmentation du nombre de familles monoparentales et de célibataires, la demande pour des logements compacts est bien plus soutenue qu’on ne pourrait l’imaginer. Et il faut reconnaître que l’offre du marché (tout au moins pour l’existant) n’est pas toujours en phase avec les besoins actuels du marché.  Au cours du premier semestre 2023, les prix médians des maisons en Belgique ont augmenté de manière significative. Le coût médian d'une maison dans un bâtiment fermé ou semi-ouvert atteignait 259.500 euros, soit une augmentation de 3,3 % par rapport à la même période en 2022. Pour les maisons de type ouvert, les Belges ont déboursé en moyenne 365.000 euros, soit une augmentation de 2,5 %. Les appartements ont suivi cette tendance, avec un prix moyen de 237.000 euros, en hausse de 5,3 % par rapport à l'année précédente. Les terrains à bâtir n'ont pas échappé à cette tendance, affichant des hausses de 13 % en Flandre et de 3,2 % en Wallonie. Parallèlement, les coûts de construction et de rénovation ont également augmenté en raison de l'explosion des prix des matériaux de construction, qui ont augmenté en moyenne de 35 % depuis le début de la crise du coronavirus. Parallèlement, les taux hypothécaires ont eux aussi augmenté, et l’impact sur la capacité d’emprunt des Belges est assez significatif puisque ce taux a plus que triplé, passant de 1 % à 3,5 % en l'espace d'une seule année. L'indexation des salaires a également contribué à cette hausse des coûts, avec une augmentation de 10 %.  Face à cette augmentation généralisée, il serait tentant de supposer qu'un logement plus petit signifie automatiquement des économies substantielles. En réalité, le prix des logements dépend de facteurs parfois très éloignés. Ainsi, les prix peuvent varier de manière significative d’une commune à l'autre pour un même logement. Parfois, cette différence se remarque même d’un quartier à l'autre au sein d’une même commune. Selon Embuild, d'autres éléments, comme la proximité des transports en commun, des écoles, des commerces et des infrastructures sportives, jouent également un rôle considérable dans le niveau de prix relevé.  A contrario, une maison plus grande n'est pas nécessairement deux fois plus chère. Pour avoir une indication plus fiable de la valeur d’un logement, Embuild renvoie davantage vers des éléments comme la qualité de la construction et les finitions, qui vont jouer un rôle plus essentiel dans les coûts et dans le niveau de prix fixé. Et Embuild de donner l’exemple d’une petite maison en excellent état dotée d'une excellente performance énergétique qui aura plus de chances d’être plus chère qu'une plus grande maison mal isolée, à plus forte raison si elle est en mauvais état. La conclusion à laquelle Embuild parvient et qu’il faut désormais prendre sérieusement en compte les éléments comme l'emplacement et la performance énergétique des habitations recherchées. Ces facteurs sont devenus plus significatifs et déterminants pour le budget d'un ménage. 


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