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Espace public & Infra

Parcs d’activité économique: comment faire de la place aux entreprises?

De février 2016 à janvier 2017, l’Union wallonne des Entreprises (Uwe), via sa «Cellule Parcs d’Activité Durables», a mené une grande enquête sur l’occupation et la réutilisation des bâtiments dans les Parcs d’activités économiques. Celle-ci est désormais disponible.  

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L’étude initiée par l’Uwe poursuivait un double objectif: identifier les raisons pour lesquelles les entreprises préfèrent parfois construire du neuf plutôt que de réhabiliter de l’existant (manque de transparence de l’offre de seconde main existante, mise aux normes difficile, pollution des terrains, procédures administratives trop lourdes,…) et mettre en évidence un ensemble de pistes de recommandations visant à faciliter la remise à disposition de l’ancien bâti dans les zones d’activités.

En effet, dans un contexte où il est de plus en plus difficile d'affecter de l'espace neuf à l'activité économique et où l’offre en bâtiments de seconde main ne fait que croître, la réutilisation et la valorisation du bâti existant semblent être des pistes à envisager pour répondre à la demande en terrains économiques.

Autant de Pae que de communes en Wallonie

Avec une superficie de 16.844 km2 pour près de 3,6 millions d’habitants, le territoire wallon est couvert à 1,4% de zones d’activités économiques. Sur cette faible proportion de territoire, on dénombrait, en 2016, 262 parcs d’activités économiques, dont 7 parcs scientifiques, 6 parcs logistiques et 11 parcs multimodaux, le tout représentant une surface totale de 12.835 ha. Près de 9% des entreprises wallonnes y sont installées, ce qui représente environ 7.100 entreprises.

La ventilation des entreprises par province nous montre que c’est le Brabant wallon qui présente la plus grande densité d’entreprises par habitant avec 24 entreprises pour 1.000 habitants. Les provinces de Namur, Luxembourg et Liège la suivent de près avec une densité de 21 entreprises pour 1.000 habitants. Enfin, la Province du Hainaut est en dernière position, malgré le fait qu’elle dispose du plus grand nombre d’entreprises en Wallonie.

Dans la Région, les parcs d’activités économiques, développés depuis la Seconde Guerre mondiale, représentent environ la moitié de la zone dédiée à l’activité économique au plan de secteur et sont gérés par les intercommunales de développement économique. L’autre moitié est constituée de terrains appartenant à d’autres opérateurs tels que les ports autonomes, les communes, les promoteurs privés, etc.

Manque d’espace pour les entreprises

Pour la majorité des parcs wallons, le constat semble être le même: il est de plus en plus difficile d’affecter de l’espace neuf à l’installation et au développement d’activités économiques. Cette problématique concerne tant les investisseurs étrangers que les entreprises wallonnes qui souhaitent étendre leurs activités ou simplement investir en Wallonie.

Jusque dans les années 1980, le manque de terrains vierges disponibles a poussé les opérateurs publics à créer de nouvelles zones souvent au détriment des parcelles agricoles, également nécessaires à notre économie. Mais depuis quelques années, cette tendance entre de plus en plus en conflit avec les principes de développement durable. Face à ce constat, les intercommunales ont donc développé une série de mesures visant à mettre en place une politique de gestion plus parcimonieuse du sol.

D’autres pistes existent pourtant. L’étude de l’Uwe épingle, entre autres, la réutilisation et la valorisation de l’immobilier conforme existant et singulièrement, du stock de bâtiments existants devenus inoccupés pour diverses raisons. Si cette piste semble constituer un des enjeux futurs en matière de développement territorial, elle ne pourra pas, à elle seule, répondre aux multiples enjeux liés à la politique foncière. La mise en œuvre combinée de plusieurs mesures sera donc nécessaire pour pouvoir influer positivement sur le développement territorial de la Wallonie.

9 pistes pour réhabiliter le bâti ancien dans les Pae

A cet égard, l’étude a permis de mettre en évidence 9 pistes de recommandations visant à faciliter la remise à disposition de l’ancien bâti dans les parcs d’activités économiques tout en respectant l’objectif d’une gestion plus parcimonieuse du sol au sein des Pae existants:

1) l’élaboration d’une base de données;

2) la maitrise;

3) les aides octroyées pour le «revamping» des Pae;

4) une nouvelle aide financière pour un bâtiment ayant déjà été subsidié;

5) la sensibilisation des acteurs de terrain et des entreprises;

6) la construction de bâtiments modulables;

7) la simplification et l’accélération des procédures administratives;

8) une législation plus claire en matière de pollution des sols;

9) les partenariats public-privé.

En attendant les parcs d’activités économiques 4.0

Les mesures prises récemment par le Gouvernement wallon, notamment en matière de «revamping» (remodelage), répondront favorablement à ce renforcement, de manière à faire des parcs d’activités vieillissants, des zones d’accueil adaptées et propices au développement des entreprises wallonnes: meilleure connectivité, aménagements paysagers attrayants, entretien des voiries, aménagements pour les piétons, etc. La régénération des Pae contribuera de manière indirecte à favoriser la réhabilitation des bâtiments de seconde main.

Le nouveau décret relatif au développement des parcs d’activités économiques 4.0, approuvé le 1er février dernier par le Parlement wallon, prévoit encore de nombreuses autres mesures allant dans le sens de cette réflexion.

L’étude est disponible dans son intégralité sur le site de l’Union wallonne des entreprises: www.uwe.be.

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