Construction et rénovation : la Belgique face à un risque de tsunami
Si nous ne faisons rien, un tsunami de la rénovation risque de nous tomber sur la tête. C'est le constat dressé par Embuild après analyse des besoins urgents en construction, mais aussi et surtout en rénovation des logements, des bâtiments publics et des infrastructures du Royaume.
Les routes ne représentent pas le plus gros du travail en souffrance, mais ils sont les plus souvent cités en exemple par des usagers dépités par les dégâts provoqués aux véhicules.
Selon la fédération, les besoins n'ont jamais été aussi élevés depuis la sortie de la seconde guerre mondiale. C'est dire si l'heure est grave. Lorsqu'on se penche sur les logements, on constate un âge moyen particulièrement élevé. Sur les 5,7 millions de logements que compte le pays, la majorité affiche une moyenne de 75 ans au compteur. Mais le grand âge des bâtiments n'est pas LE problème. D'après Embuild, le véritable souci vient du fait que 92% de ces logements ne répondent pas aux normes énergétiques qui prévaudront en 2050. Lorsqu'on constate que seul 0,8% des logements bénéficie d'une rénovation chaque année, on voit bien vite qu'il nous sera impossible d'atteindre l'objectif fixé. Voilà pour la rénovation. Mais que dire des besoins en nouveaux logements ? Ici aussi, les chiffres produits par Embuild donnent le tournis. Si l'on veut coller à l'évolution démographique que connait notre pays et en dépit de la baisse de la natalité, 900.000 nouveaux logements sont nécessaires d'ici à 2050 si l'on veut que chacun puisse bénéficier d'un toit au-dessus de sa tête.
La situation n'est pas plus rose du côté des bâtiments publics. D'après les constats dressés par Embuild, l'âge moyen des bâtiments publics atteint un demi-siècle, qu'il s'agisse d'hôpitaux, d'écoles, de maisons de repos ou de prisons. Les performances énergétiques de ces bâtiments sont pratiquement tout le temps insuffisantes.
Bien que la situation soit moins grave pour les routes, les ponts et les tunnels, ces infrastructures nécessitent elles aussi l'attention et les investissements des pouvoirs publics. D'après Embuild, 15% des routes nécessitent une rénovation importante. Pour les ponts et tunnels sur les autoroutes et sur les routes régionales, le pourcentage des infrastructures qui doivent être remplacées n'est que de 3%, mais à ce chiffre, il convient d'ajouter les 4% de ces infrastructures qui nécessitent des travaux structurels, soit 365 ponts et tunnels.