La Région doit mettre le turbo avec RenoWatt
A Charleroi, Thomas Dermine vient de monter au créneau pour dénoncer l'action jugée “trop molle” de la majorité régionale à propos de la rénovation des infrastructures et des bâtiments publics.
La sortie du bourgmestre PS de Charleroi Thomas Dermine n'intervient pas à n'importe quel moment pour l'élu. La ville vient de concrétiser avec Luminus Solutions un gros contrat de près de 80 millions d'euros pour la rénovation de 13 passoires énergétiques dans le cadre du projet RenoWatt. Il s'agit d'écoles, de centres sportifs et d'une crèche qui avaient grand besoin d'une sérieuse remise à niveau.
Au-delà des aspects liés aux économies d'énergie, au confort des occupants et à la préservation des bâtiments et de leur valeur sur le long terme, il y va aussi de l'attractivité d'une ville. Dans le quotidien La Dernière Heure à laquelle il a accordé une interview, Thomas Dermine souligne qu'on n'attire pas de nouveaux habitants avec des infrastructures défaillantes et vieillissantes. A quelques dizaines de kilomètres à vol d'oiseau de la capitale et à la même distance du Brabant wallon où les prix deviennent littéralement stratosphériques, cette approche reposant sur la rénovation semble être un calcul judicieux et même incontournable.
Si RenoWatt n'a pas subi de plein fouet les coupes budgétaires engagées par la majorité en place depuis juillet 2024, on remarque néanmoins une complexité accrue pour pouvoir concrétiser et activer les dossiers rentrés dans le cadre de ce programme. Bien qu'il repose sur le principe du guichet unique, RenoWatt exige un certain niveau de maitrise pour l'introduction des dossiers. Une particularité qui avantage visiblement les grands groupes, mieux outillés que les PME lorsqu'il s'agit de poser sa candidature. Une sélection plus fine des projets semble également être mise en œuvre, ce qui met davantage l'accent sur les dossiers présentant le payback le plus élevé à court terme.