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Durabilité

Namur s’envoie en l’air

Face aux changements climatiques et à leurs effets désormais visibles, même à l’échelle locale, la Ville de Namur s’est lancée en 2014 dans la réalisation d’un Plan Climat Energie. Objectif: réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre du territoire d’ici 2020.

namur

Afin de sensibiliser le public à la nécessité (écologique mais aussi financière) d’une bonne isolation des bâtiments, Namur a décidé de faire réaliser une thermographie aérienne de l’ensemble de son territoire. Il s’agit en effet d’un outil qui permet de démontrer et de mesurer la déperdition thermique en toiture des bâtiments.

Particularité de la démarche: un appel est lancé aux habitants pour participer à la bonne réalisation de la thermographie. La Ville cherche ainsi des volontaires pour proposer leur habitation comme bâtiment témoin. Seules contraintes: remplir un questionnaire sur les caractéristiques de la toiture et de la maison et être présents chez eux le soir du vol. La Ville espère obtenir une centaine de volontaires pour participer à ce calibrage qui constitue une belle occasion de prendre part à l’action communale, mais aussi d’en savoir davantage sur sa propre habitation.

Les résultats de la thermographie aérienne seront intégrés à la future base de données cartographiques de la Ville de Namur (en 3D) et diffusés auprès de la population. Les habitants seront ainsi invités à consulter les performances de leur habitation. L’objectif de cette campagne est également de susciter le questionnement et la mobilisation de la population en faveur de la transition énergétique.

A Namur, le secteur résidentiel représente pas loin de 34% des émissions de CO2 émises par la commune, soit le deuxième rang après celui du transport.

En moyenne, 30% des déperditions thermiques d’un bâtiment se font par la toiture.

Parade aérienne au-dessus des toits de Namur

Le dispositif imaginé par la Ville consiste à embarquer à l’intérieur d’un avion des caméras infrarouges reliées à un ordinateur permettant une visualisation et un enregistrement en temps réel des images thermiques. L’analyse de ces images permet de connaître les températures de chaque toiture au moment du survol, qu’il s’agisse d’une maison individuelle, d’un bâtiment collectif ou d’un équipement public.

Une nuance toutefois: la thermographie aérienne donne une indication des déperditions de chaleur par le toit du bâtiment et n’est donc pas représentative des pertes thermiques des autres parties (façades, fenêtres, etc.) Elle ne remplace donc pas un audit énergétique ou un certificat Peb.

Par ailleurs, plusieurs facteurs peuvent parfois fausser les résultats (toitures métalliques ou recouvertes de bardeaux bitumeux (shingle), bâtiments non chauffés durant la prise de vue, reflets calorifiques d’une façade sur la toiture, toitures végétales, etc.).

A Namur, la thermographie aérienne sera réalisée sur l’ensemble du territoire, soit 176 km² sur lesquels on recense 45.000 bâtiments. Une opération qui devrait coûter 90.000 euros à la commune, une addition relativement coquette mais qui s’explique par l’étendue du territoire à analyser.

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