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Durabilité

Le nucléaire joue les prolongations

Alors que les mandataires politiques disent tout et son contraire quant à une éventuelle sortie du nucléaire, de plus en plus d’observateurs mettent en doute la pertinence d’un arrêt total de nos centrales.

capgemini

Ainsi, après Nicolas Hulot, ministre français de la Transition énergétique, qui a opéré un revirement à 180° en laissant entendre que, en l’état, il était impossible de satisfaire la demande énergétique sans recourir au nucléaire, c’est Capgemini, une société internationale de services informatiques et de conseil, qui, dans la 19e édition de son Rapport sur le Marché de l’Energie, affirme que le nucléaire est un élément incontournable du mix énergétique.

Plus rien n’arrête les énergies renouvelables

Pourtant, parmi les tendances lourdes relevées par l’édition 2017 de l’Observatoire Mondial des Marchés de l’Energie, il apparaît que l’évolution rapide des technologies de production d’énergie et les gains de productivité associés rendent inéluctable la pénétration des énergies renouvelables et ce, malgré la fin des subventions en Europe.

Ainsi, au cours des douze derniers mois, le coût des énergies renouvelables n’a cessé de baisser: l’éolien terrestre et le photovoltaïque deviennent compétitifs dans certains pays par rapport aux sources de production d’électricité traditionnelles (nucléaire, charbon, gaz).

Tous les ingrédients semblent désormais réunis pour accélérer la transition énergétique.

Intermittent du spectacle

Reste le problème de l’intermittence des éléments naturels, le talon d’Achille des énergies renouvelables, qui rend presque inévitable le recours aux énergies fossiles et donc le maintien des centrales nucléaires, là où elles existent.

En Allemagne, où le Gouvernement a décidé de les fermer, le sud du pays qui concentre la plupart des industries lourdes, grandes consommatrices d’énergie, des pénuries se sont fait sentir faute de pouvoir acheminer efficacement l’énergie verte produite… au nord du pays. «Vu l’intermittence des éléments naturels, il faut impérativement redessiner les réseaux électriques nationaux pour pouvoir transporter l’énergie, ce qui implique un surcoût d’environ 30%», précise Colette Lewiner, Colette Lewiner, Energy & Utilities senior advisor chez Capgemini et spécialiste reconnue du marché de l’énergie.

Comparer ce qui est comparable

Cette intermittence empêche aussi toute comparaison entre les énergies renouvelables et l’énergie nucléaire. «Quand on parle de puissance installée, il faut savoir que 1MW solaire ou éolien ne vaut pas 1 MW nucléaire. Pour obtenir une équivalence correcte, il faut généralement diviser 1MW solaire par 4 ou 5 (en fonction des régions) par rapport à 1MW nucléaire, et par 3 ou 4 pour l’éolien», nuance Colette Lewiner. Pour Capgemini, l’électricité nucléaire reste donc encore nécessaire pour les décennies à venir «en tant que complément décarboné et programmable aux renouvelables».

Des données qui n’ont pas toujours été prises en compte quand les Etats ont décidé de fermer leurs centrales nucléaires. Résultat: des volte-face qui passent parfois mal dans l’opinion publique.

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