Efficacité énergétique des bâtiments : sur quel pied danserons-nous pour l'après 2030?
"Diriger, c'est prévoir" dit l'adage. Et c'est particulièrement indiqué pour les matières qui concernent l'efficacité énergétique des bâtiments. Dans la continuité de la directive sur l’efficacité énergétique (directive UE 2023/1791), Bruxelles a soumis à l'examen des professionnels du secteur et des organes en charge des sujets énergétiques le draft du prochain cadre juridique.
Les professionnels avaient jusqu'au 16 avril pour faire entendre leur voix. Dans ce cadre, les opérateurs, fédérations et acteurs wallons concernés ont pu faire valoir leur point de vue. D'après les premiers retours, si des contrastes apparaissent bien entre régulateurs et acteurs du secteur du bâtiment, les positions semblent fort heureusement assez complémentaires.
Ainsi, tout le monde s'accorde à reconnaitre l'importance de fixer un objectif de décarbonation du parc immobilier. Des variations sont toutefois exprimées lorsqu'on aborde les choses sur un plan plus concret. Ainsi du côté de la CWaPE, on développe une approche reposant sur le principe de l’équilibre du système énergétique. Le régulateur wallon insiste par ailleurs sur la nécessité de garantir la viabilité économique des investissements.
À Bruxelles, BRUGEL est plus concentrée sur la spécificité fortement urbaine de son territoire. Le régulateur place ainsi l’accent sur la rénovation énergétique des bâtiments, sur l'électrification des usages. Tout comme la CWaPE, BRUGEL souligne l'importance des réseaux de chaleur. Dans le même temps, le régulateur bruxellois rappelle l’importance d’une gouvernance claire dans les projets multi-acteurs. Une autre nécessité apparait aux yeux de BRUGEL : elle concerne la nécessité de disposer de données fiables sur le parc immobilier.
Le secteur du bâtiment est lui aussi pleinement concentré sur le soutien global aux objectifs climatiques. Il s'inquiète en revanche à propos de la vitesse à laquelle les réformes vont devoir être engagées. Pour le secteur de la construction, il importe de pouvoir s'appuyer sur une stabilité réglementaire pensée sur le long terme, mais aussi sur une simplification des exigences techniques et sur un renforcement des mécanismes de financement. Le secteur songe notamment aux pratiques liées au tiers-investissement ou aux aides ciblées à la rénovation. Sans surprise, les professionnels de la construction rappellent également l'enjeu majeur de la main-d’œuvre qualifiée.