Travaux d'infrastructure en baisse : Embuild tire la sonnette d'alarme
A l'occasion de la Journée Chantiers Ouverts, Embuild a tenu à évoquer une évolution particulièrement inquiétante relevée au niveau des travaux d'infrastructure. Ceux-ci s’affichent en nette baisse.
Le phénomène du reflux des travaux d’infrastructure est inquiétant car c'est précisément ce secteur qui permet de compenser les faiblesses structurelles des autres pans du secteur de la construction. Ainsi, quand la demande pour des logements neufs ou pour des rénovations recule, les commandes de travaux d'infrastructure passées par les pouvoirs publics se maintiennent, permettant ainsi au secteur d’encaisser les baisses conjoncturelles. A cet égard, Embuild relève d'ailleurs que ces dépenses avaient fortement progressé ces trois dernières années. La baisse constatée aujourd’hui est d'autant plus difficile à comprendre que les infrastructures ont besoin d'un sérieux rafraîchissement, quand il ne s'agit pas plus fondamentalement d'une mise à niveau vitale.
En s'appuyant sur l'état des lieux dressé par Embuild, on constate que 18% des routes doivent être remplacées, que 15% doivent même faire l'objet d'une rénovation structurelle. Les écoles, hôpitaux, maisons de repos et prisons ne sont guère mieux loties puisque 95% de ces bâtiments doivent être rénovés, sans parler des capacités d'accueil qui doivent être revues à la hausse pour suivre l'évolution démographique de notre société. Si l'on observe la tendance de l'attention accordée aux travaux structurels, on constate un mouvement qui va dans le sens d'une contraction et même d'une dégringolade. L'activité dans le secteur des travaux d'infrastructures avait fortement augmenté, mais elle stagne cette année et devrait même reculer de 5% l'année prochaine si l'on en croit les prévisions établies par Embuild. Au-delà d'un carnet de commandes qui va s'étioler de plus en plus, c'est là "un mauvais signal que les pouvoirs publics de notre pays envoient" selon Niko Demeester, CEO d'Embuild.
Pour atteindre un niveau suffisant, en adoptant une vue d'hélicoptère, il faudrait consacrer 4% du PIB aux investissements publics. Or, pour atteindre le seuil de 4%, les pouvoirs publics devraient investir 5,7 milliards supplémentaires d'ici 2029. C'est dire l'ampleur de la tâche…