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Construction environnementale

Un traitement innovant contre les algues bleues

Arcadis a développé, en collaboration avec l’Université d’Amsterdam, une technique novatrice de lutte contre les dangereuses cyanobactéries, ou algues bleues. Cette méthode basée sur le peroxyde d’hydrogène a déjà été utilisée avec succès aux Pays-Bas et en France. Après la chaleur continue de cet été, elle suscite un intérêt grandissant.

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Les cyanobactéries ou algues bleues se développent dans les plans d’eau douce comme les étangs ou les piscines, mais aussi dans les rivières et autres systèmes hydrologiques. Par temps chaud, elles peuvent proliférer de manière explosive. Or, certaines espèces de cyanobactéries produisent des toxines pouvant affecter la peau ou le système nerveux. Dans les cas les plus aigus, sur certains animaux domestiques comme les chiens, l’intoxication peut aller jusqu’à provoquer la mort. Par conséquent, les plans d’eau de baignade et ceux destinés à la production d’eau potable sont très surveillés, avec des seuils de restriction d’usage et de fermeture en cas de risque pour la santé publique.

Néanmoins, il est possible de combattre les algues bleues. En effet, des études en laboratoire ont démontré que ces algues étaient beaucoup plus sensibles que les autres algues (non toxiques) au peroxyde d’hydrogène. Dès lors, un traitement de peroxyde d’hydrogène à concentration très faible dans le plan d’eau est efficace contre les cyanobactéries et sans risque pour la faune, la flore et les autres espèces de phytoplancton.

A ce stade, la technique est encore considérée comme expérimentale, les retours d’expérience des traitements réalisés par les universités de Rennes et d’devant encore être évalués et analysés.

Un bateau spécifiquement équipé.

Aucune trace

Ceci dit, la lutte contre les algues bleues à l’aide du peroxyde d’hydrogène est une technique durable et écologique car cette substance disparaît entièrement et ne laisse donc aucun résidu dans l’eau traitée. Une injection permet de traiter les plans d’eau concernés pour une durée de 3 à 8 semaines. Le traitement nécessite d’injecter le peroxyde sur la totalité de la colonne d’eau à l’aide d’un bateau spécifiquement équipé. Les chercheurs sont toutefois conscients de combattre les symptômes et non la cause, mais une approche axée sur l’origine du problème est souvent coûteuse et n’offre pas de solution rapide.

Comme l’explique Kris Casteleyn, chef d’équipe Water Management chez Arcadis, ce bureau a utilisé cette méthode à plusieurs reprises dans des eaux de baignade, des bassins d’eau potable, des étangs urbains et des élevages mytilicoles dans les pays voisins. Le problème se pose également en Belgique où les puits de Lommel, le canal Bocholt-Herentals, Roulers-Leie et Gand-Bruges, les étangs de Watermael-Boitsfort et le lac de la Haute-Sûre, notamment, ont déjà fait l’objet d’une interdiction de baignade et de sports nautiques. Plusieurs villes et communes belges ont manifesté leur intérêt pour cette méthode de traitement des algues bleues, ce qui devrait accélérer son application.

A noter que l’utilisation du peroxyde est strictement réglementée et que son utilisation est liée à des autorisations spécifiques.

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